Daphnée Lucenet
Experte en intelligence artificielle. Conseil, formation, conférences, média.
L'IA en pratique, avec discernement.
Mon premier programme tenait sur l'écran d'une calculatrice.
À seize ans, j'ai codé un petit jeu rudimentaire sur ma TI-89. Je me souviens encore de la fierté de le voir tourner. Je serai ingénieure.
Le diplôme obtenu, j'ai mis le cap sur une école de Kung Fu perdue dans la campagne chinoise. Quatre mois d'entraînement, des briques cassées à main nue, et une leçon que je garde depuis : le geste ne vaut que par l'intention qui le porte. Je suis rentrée ajouter une seconde corde à mon arc, un master en commerce international, spécialisation finance.
La finance m'a d'ailleurs recrutée aussitôt, dans une équipe de virtuoses du tableur qui modélisaient des transactions à plusieurs milliards d'euros en quelques lignes. On avait le sentiment de façonner le monde. J'ai décroché le jour où je me suis surprise à modéliser ma propre vie dans un classeur, avec des scénarios et des taux de croissance.
La Silicon Valley est arrivée au bon moment. Une feuille blanche, un sac à dos, une mission : implanter une entreprise française d'électronique sur le marché américain. J'ai vécu de hacker house en hacker house, appris la tech à l'état brut, triplé le chiffre d'affaires en un an. Surtout, j'ai vu les deux visages de l'innovation : celle qui émancipe, celle qui déraille. Ma boussole s'est fixée là : l'innovation ne m'intéresse que quand elle porte du sens.
Je l'ai suivie sans détour. Une première société de conseil créée aux États-Unis, 2 millions d'euros levés pour un client des cleantech, puis le capital-risque à impact en France pendant 8 ans, où j'aidais des startups en forte croissance à grandir et à se transformer, tout en évaluant leur gouvernance, leurs risques réglementaires et leur alignement éthique.
Pendant toutes ces années, une autre vie tournait en parallèle : dix ans de mannequinat entre Paris, l'Asie et les États-Unis. Des campagnes pour Nike, Samsung ou GoPro, des pages dans GQ et ELLE. Mes deux mondes se sont longtemps ignorés. En 2018, je les ai fait se rencontrer : Elytiz Casting, une marketplace responsable leader du secteur qui connectait mannequins, photographes et marques par matching algorithmique et réorganisait les books d'après l'analyse des portfolios les plus performants. Près de 10 000 utilisateurs dans 53 pays. La plateforme est devenue une agence, LEGIT MGMT (ex Elytiz Management), première agence de mannequins responsable de France, qui a travaillé avec les plus grands directeurs de castings du monde ainsi qu'avec des marques telles que LVMH, YSL, Rick Owens ou Lacoste. Des réussites, des ratés, des pivots, et une constante : l'humain au centre.
Tout ceci, je l'ai construit avec un ancrage fort à mes racines. Franco-cambodgienne, j'ai fondé Khmer Vibration, une ONG familiale dédiée à l'éducation des enfants au Cambodge, après avoir été ambassadrice de Global Children Cambodia à New York. J'ai vécu dans huit pays, de la Chine au Canada, j'en ai gardé plusieurs langues et une certitude : un seul point de vue crée toujours des angles morts.
Aujourd'hui, l'IA est mon métier à plein temps, et d'abord une pratique quotidienne : je construis des agents, j'automatise mes propres processus, je passe mes nuits et jours à construire et à explorer pour mes clients avec Claude Code et d'autres merveilles. J'accompagne les grandes entreprises dans leur transformation IA, je forme leurs équipes et leurs dirigeants, je donne des conférences, j'édite IA Éthique Insider, un média indépendant sur les enjeux stratégiques et éthiques de l'IA, et je contribue aux travaux de l'Observatoire de l'Intelligence Artificielle. Nous sommes en train de décider ce que nous déléguons aux machines, ce que nous gardons, et ce que nous devenons en les utilisant. Je voulais être en plein dedans, dans le feu de l'action. J'y suis, chaque jour.
La leçon de ma retraite spirituelle en Chine n'a pas pris une ride : le geste ne vaut que par l'intention qui le porte.
Elle n'a jamais été aussi vraie qu'à l'heure des modèles qui écrivent, codent et décident. J'en ai fait un métier, la pratique et le discernement ensemble, avec une exigence héritée de tout le reste : que la technologie serve l'humain et le vivant, et non l'inverse.
Presse et interventions
L'autre vie
Dash Luce, le portfolio mannequin
Photos, vidéos, CV artistique et presse mode, conservés au complet.